jeudi 4 mai 2017

5 pendu(le)s au bout d'une corde tintinabulaient bruyamment

Qui n'a été fasciné par le spectacle de pendules suspendus à une même corde et oscillant de façon imprévisible ? C'est le spectacle que donnaient les premiers sondages avant le premier tour, avec ces hausses et ces baisses à mesure que les jours passaient. L'impression d'un mouvement chaotique : un bon exemple de ce que les matheux nomment le pseudo-déterminisme.
Les 5 pendules, de l'extrême droite à une gauche extrême : Le Pen, Fillon, Macron, Hamon et Mélenchon.
De fait, si Fillon baisse, c'est Le Pen et Macron qui monte. Si Hamon baisse, c'est Macron (encore) et Mélenchon. Si Macron avait baissé, c'est Fillon et Hamon qui serait montés : chaque mouvement d'un pendule influe sur celui de ses voisins.
Au départ rien n'était joué. Deux configurations relativement stables ressemblaient à des attracteurs : Le Pen, Macron, Mélenchon en tête, ou alors Fillon et Hamon en tête.
Mais Fillon s'est trouvé plombé par les "affaires" : la révélation que Monsieur Propre n'hésitait pas à pratiquer le népotisme, légal ou non, peu importe, et que "serrez-vous la ceinture" ne s'appliquait pas à lui-même. Parfait Tartuffe : faites ce que je dis, pas ce que je fais. De plus, son discours ultra-droite rebutait centristes et même droite modérée, attirés du coup par le néo-libéralisme d'un Macron.
Par ailleurs Le Pen restait un puissant repoussoir, et le spectre d'un d'un duel Le Pen, Fillon hantait tous les esprits des électeurs de gauche ou du centre.
Forces puissantes boostant Macron dans les sondages, et captant une partie de l'électorat "naturel" de Hamon. A partir du moment ou Hamon baissait, il n'apparaissait plus comme le bon champion de la gauche plus ou moins radicale ↠ Mélenchon monte.
Sur la fin, la bonne campagne de Hamon n'a pas évité le score infamant des 6,5%, mais a privé Mélenchon de la troisième place - ce dont il ne s'est pas remis -.
Comme je l'avais indiqué précédemment, la seule chance de Hamon c'était d'élargir rapidement sa bonne base de la primaire, en direction, sinon des Hollandais pur jus, du moins de la majorité du PS. Trop de temps à été perdu de ce point de vue, avec les négociations avec EELV et surtout avec le tribun de la gauche protestataire, à l'évidence pourtant promises à l'échec. De plus la transformation des slogans de la primaire en programme présidentiel a été laborieuse et inachevée : manque de temps du fait du calendrier de la primaire, largement conditionné par la stratégie perdante de Hollande, qui restera dans l'histoire comme le grand zigouilleur du PS et de la gauche de gouvernement.