samedi 1 avril 2017

Trahison et/ou démission

Non ce n'est pas de la trahison de Manuel Valls dont je veux parler : Brutus bis, après tout, nous a habitué à ça. Certes il a trahi la parole donnée. Mais en faisant cela il s'est tiré des balles dans les pieds et cela s'apparente à un suicide politique. Macron le laissera où il s'est mis, et ses ambitions politiques de récupérer un post-PS s'effondrent tant ses prises de position dégoutent même ceux qui ont voté pour lui à la primaire socialiste.
Ce dont je veux parler c'est de la trahison, ou au moins de la démission des "élites" qui se réclamaient du socialisme et qui ont abandonné toute référence aux idéaux de la gauche en soutenant officiellement Macron, faisant fi d'une primaire où plus d'un millier d'électeurs ont choisi Hamon. Il est vrai que l'effondrement de la pensée politique au PS est la conséquence logique du règne de Hollande, artiste de la politique politicienne et de la tactique, d'abord en tant que premier secrétaire du PS, puis en tant que président, reniant très vite et sans (se) l'avouer, les engagements du Bourget.
Une pincée de social dans un océan de libéralisme (c'est le programme de Macron) ne sauvera pas la France. Les ruptures sociales sont profondes et deviennent abyssales, jetant une masse de nos concitoyens dans les bras de Méduse. Il y a la rupture que tout le monde a en tête : celle des banlieues qui si ghéttoïsent, avec ses jeunes "issus de l'immigration" frappés par un chômage massif,  laissés pour compte de l'éducation nationale et fortement discriminés à l'embauche. Mais il y a aussi toute cette France périphérique, loin des métropoles, frappée par la désindustrialisation, victime d'une mondialisation débridée conduisant au chômage et à la paupérisation, abandonnée par l'état et les services publics.
Aujourd'hui, le seul qui ait pris la mesure du gouffre et dont le programme répond à ces enjeux dramatiques est Benoit Hamon. Il est le seul à avoir compris que le plein emploi d'antan ne reviendra plus : robotisation et mondialisation obligent.
Certes il a fallu du temps pour transformer des slogans en vrai programme. Mais c'est fait. Avec une mesure phare, mais ce n'est pas la seule : le Revenu Universel d'Existence. Non seulement il permet d'éviter une paupérisation encore plus forte, en assurant une meilleure répartition des revenus (et oui, les partageux ne sont pas morts), mais en plus il permet de rendre viables des emplois de services qui sans cela ne peuvent exister sur le marché du travail faute d'offreurs et de demandeurs.
C'est aussi le seul qui ait une vraie vision d'une Europe renouvelée, loin du repli sans lendemain sur les frontières nationales, préconisé par son concurrent Mélancholique. Mélanchon qui fidèle à ses origines trotskyste de l'OCI n'a qu'une obsession : tuer le PS qu'il n'a pu conquérir, en tuant l'espoir de la gauche du même coup.