mardi 7 mars 2017

Mais qui sera le second ?

Fillon ?

Entêtement mortifère pour la droite. Ne pas comprendre que fictifs ou non, les emplois de sa femme et de son fils dérnotent un népotisme outré, qui révulsent les âmes sensibles, en particulier dans les franges traditionalistes qui lui ont assuré sa victoire à la primaire. Faites ce que je dis ! Pas ce que je fais ! Serrez-vous la ceinture, mais pas moi.
On n'est pas au confessionnal : quelques mea culpa ne vaudront pas absolution. Entre les "libéraux" qui vont rejoindre Macron et l'électorat populaire de droite tenté par la sirène de la droite extrême qui joue sur le registre populiste, le noyau Filloniste s'effrite, au profit de Macron.

Macron ?

Fin navigateur. s'est relativement bien sorti de l'opération programme : s'inscrire dans une continuité Hollandaise tout en donnant des gages au patronat, invoquer la flexisécurité scandinave pour faire passer une dérégulation des protections sociales, respecter Maastricht, baisser les effectifs de la fonction publique, baisser les impôts locaux voire ceux des entreprises, tout en augmentant le nombre des enseignants, des policiers, de la justice. Évidemment, son programme (30 pages) élude les questions "Quand ? Avec quels sous ?" Se pose également la question "avec quelle majorité" ? Même si en France on a l'habitude de cet espèce de vote légitimiste en faveur des candidats du président.
Autre problème : tout repose que quelque chose d'éminemment fragile : la personnalité Christique du Messie Emmanuel. Derrière lui, des fans, un peu à l'image du mouvement qui soutenait Ségolène.
Macron disparu, que restera-t-il de sa bulle ? Peut-être plus qu'on ne peut le penser : Macron est le représentant rêvé de la nouvelle classe sociale dominante. Celle des cadres sups, bobos ou non, des professions intellectuelles, métropolitains, bénéficiaires en France de la mondialisation, et de ce fait fondamentalement attachés à l'Europe. C'est une classe minoritaire mais idéologiquement dominante aujourd'hui, et fortement liée au pouvoir économique.C'est devenu le terreau principal des Verts et du PS, ce qui explique largement les positions de ces partis. Si Macron n'était pas là, cette classe sécréterait un autre Macron.

Hamon ?

S'il a réussi une alliance à l'arrache avec les Verts, il a échoué sur deux plans qui étaient indispensables à celui qui veut vraiment présider (voir mon billet précédent) : pas de soutien avéré de la "gauche protestaire", un soutien mou du PS dont bien des cadres et des élus sont gagnés par la Macronité, base sociale oblige. D'aucuns parlent de 20%, la réalité est probablement plus proche de 60%.
De plus son programme n'a pas vraiment de consistance aujourd'hui, et peine à convaincre : des slogans ne font pas un programme. Lancer de vrais débats ne suffit pas à donner des réponses. Mêmes questions que pour Macron : quand quoi, plus précisément.  Et sur le financement, les robots ont trouvé que ça tournait un peu à la galéjade.
Côté classe sociale, cela me semble un peu plus compliqué que côté Fillon ou Macron : sans doute plus populaire, mais est-ce si sûr ? Hamon est quand un digne rejeton de l'appareil du PS. Et la "classe populaire" ne sait plus à quel tribun se vouer : Mélenchon, Le Pen, Hamon ? Bref, la campagne piétine.

P.S. 

Étonnante symétrie entre les camps Fillon et Hamon. Sous l'effet de la remise en cause de la candidature Fillon, son camp s'est durci, radicalisé, radicalement redroitisé. Résultat il est lâché en grande partie par l'UDI et en partie par le LR. à gauche, Hamon ne réussit pas à rassembler pleinement le PS. Résultat un espace bien élargi pour Macron.