mardi 14 février 2017

Une chance pour la gauche ... et pour la France ?

Bernard Hamon est sorti du chapeau, ou du moins des urnes de la primaire.
Majoritairement choisi par une majorité de ce que l'on pourrait appeler le peuple de gauche, mais probablement pas par la majorité du PS, et certainement pas par l'appareil du PS  et ses élus nationaux.
Gramsci nous manque pour analyser les rapports de force entre classes sociales qui pourraient créer la surprise aux présidentielles : face à Madame Le Pen, qui arrivera second ? Avec le soutien de quelles classes sociales ?
  • Fillon ? soutenu par la petite et la grande bourgeoisie traditionnelle sinon réactionnaire, mais lourdement plombé par la réprobation justifiée que suscite son népotisme avéré sinon illégal
  • Macron ? discours flou, un coup à droite, un coup à gauche, bref un centre flottant, qui parle bien aux néo-bobos des couches supérieures salariées. Une candidature Bayrou pourrait le rétrograder dans la course des favoris
  • Mélenchon ? qui se rêve en tribun de la plèbe, mais quasiment sans le soutien de ce qui reste du PCF et que personne ne voit en Président
  • Alors, Hamon ? peut-être s'il parvient d'abord à réunir les forces vives du PS et ce qui fut la gauche unie avec les verts et les rouges (- le tribun solitaire), puis à déborder de ce noyau viscéral vers les centristes et l'électorat dit populaire, séduit par la sirène Marine ...
Quoi qu'il arrive, Benoit Hamon a déjà donné à réfléchir en remettant en cause le dogme croissance = emplois. Or l'espoir d'une croissance forte permettant de réduire le chômage est un espoir vain. On peut invoquer Picketty et d'autres économistes à l'appui de cette thèse. Sur le fond, la révolution des technologies de l'information et de la communication, ainsi que la robotisation, vont continuer à faire disparaître des emplois intermédiaires, sans en créer autant de nouveaux, ni du même niveau de qualification.  (Cliquer pour voir mon blog pro  : je détaille ce point).
D'où la nécessité absolue de revoir le mécanisme de protection sociale et cette idée de "revenu universel". D'où la nécessité du maintien, voire de l'abaissement du seuil des 35 heures.
Un coût faramineux ? Qui paiera ? Sûrement pas les robots ! En fait aller dans cette direction prendra du temps et surtout ne pourra se faire sans une remise à plat, non seulement des dispositifs d'aide sociale, mais aussi sur la fiscalité, qui proportionnellement pèse bien plus sur les revenus du travail que sur les revenus financiers. (Ciel, les partageux sont de retour !)